L’OTAN a formellement invité la Finlande et la Suède à se joindre mercredi après que la Turquie a abandonné son opposition à la suite d’un processus ardu qui a servi à rappeler à l’alliance ses lignes de fracture de plus en plus profondes.

Le président finlandais Sauli Niinistö a déclaré qu’Ankara avait accepté de soutenir les candidatures à l’adhésion de son pays et de la Suède, supprimant ainsi un obstacle majeur à l’adhésion des deux pays à l’alliance.
Alors que cette décision a été une grande victoire pour l’OTAN et un revers pour la Russie, le président turc Recep Tayyip Erdogan n’a pas cédé sans une bonne part de coups politiques à la poitrine pour montrer le poids de sa nation dans le groupe.
Avant de signer un mémorandum conjoint avec les deux nations nordiques, Erdogan a déclaré mardi que l’OTAN “ne peut pas se permettre” de perdre la Turquie en tant que membre. Il répondait à la frustration de l’alliance occidentale face à l’opposition d’Ankara à l’admission des deux pays traditionnellement neutres qui se sont sentis obligés de rejoindre le groupement par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
La Turquie est devenue un casse-tête pour l’OTAN. Mais les événements géopolitiques récents ont montré que c’est une situation que l’alliance devra tolérer. Les experts disent qu’Erdogan le sait bien et a utilisé la place de son pays dans le groupement pour servir ses intérêts nationaux.
Dans une guerre européenne qui est essentiellement devenue un conflit entre le Kremlin et l’OTAN, la Turquie s’est positionnée comme une partie neutre, choisissant de ne pas se joindre à ses alliés pour sanctionner la Russie tout en proposant de servir de médiateur entre les parties belligérantes. Il a soutenu l’Ukraine dans la guerre mais a pris soin de ne pas contrarier Moscou.